Si vous non plus, vous n’avez pas tout compris sur l’Economie Circulaire…

Si vous non plus, vous n’avez pas tout compris sur l’Economie Circulaire…

Ou peut-être même que vous n’en avez jamais entendu parler… Personnellement, quand j’ai lu pour la première fois un article sur l’Economie Circulaire, j’ai bien failli refaire un test de QI, pensant que j’avais perdu quelques neurones ! Mais non ! C’est juste un peu compliqué de prime abord. Alors regardons la chose de plus près, et faisons simple, s’il vous plait !

 

Bon alors c’est quoi, l’Economie Circulaire ?

Pour commencer, soyons clairs, c’est un truc d’écolo ! Mais pas d’écolo élevé au grain, modèle pure race à poils durs, non… C’est un concept d’écologie incroyablement positif. L’idée est d’avoir constaté que dans la nature, il n’y a pas de déchet. Tout sert à quelque chose, même le pire rejet, pour faire naître autre chose. Du berceau au berceau. En anglais, Cradle To Cradle. C2C (tiens, moi qui croyais que ce n’était qu’un formidable groupe français de DJ). Le côté circulaire est ici : on ne crée plus de déchets, ou alors, ils doivent servir à quelque chose.

Fichez nous la paix avec le développement durable !

Parce que jusqu’ici, on trouvait bien suffisant de produire, de consommer joyeusement, puis de jeter ou de recycler. Sauf qu’à force, il nous est tous arrivé d’avoir un peu mauvaise conscience : en jetant de la nourriture avariée non consommée, en voyant des sacs de fast food sur le bord de la route… Bref, le développement durable, ça fait mal à la conscience ! Sauf que là, on parle d’économie. Donc, gains financiers, entreprises, production, emplois, salaires, développement d’un territoire. Des mots qui font du bien lorsqu’on sert de la crise à tous les repas.

Alors comment fait-on ?

Pour commencer avec l’Economie Circulaire, il faut prendre l’habitude de créer les nouveaux produits et services afin qu’ils ne produisent aucuns déchets, ou qu’ils puissent être intégrés dans des cycles de transformation biologique ou technologique (comme cette nouvelle moquette, recyclable à l’infini, ou ce tee shirt d’une grande marque de sport, qui disparait en quelques mois si on l’enterre au fond du jardin). Mesdames et Messieurs les designers, ingénieurs R&D, à vous de jouer !

OK, mais avec tout ce qui existe alors ?

Pas de problème, il faut juste revoir quelques unes de nos habitudes, ou oser les grands bouleversements dans certains cas. Avec l’économie de fonctionnalité, notamment. Un terme bien pompeux, qui s’illustre mieux par cet exemple : nous sommes 20 co-propriétaires dans l’immeuble, dont 12 bricoleurs équipés d’une perceuse. Mais moi, je n’ai besoin que d’un trou de temps en temps. Une seule perceuse pourrait alors suffire, nous nous la prêterions gentiment, ou en échange d’un autre service, développant au passage les relations entre nous, nous faisant économiser le coût d’achat de 11 perceuses, et évitant la création de nombreux déchets lorsqu’elles iront à la poubelle.

On pourrait aussi louer son électroménager ou son ordinateur. La marque ou le loueur, propriétaires des appareils n’auraient plus aucun intérêt à ce qu’ils tombent en panne tous les 5 ans. Même si ce n’est que pure malchance, bien sûr… Les fabricants d’automobiles ont déjà un train d’avance sur ce sujet.

 

L’écologie industrielle, clé de l’Economie Circulaire

Un des enjeux majeurs de notre avenir réside en notre capacité à repenser intégralement tous nos systèmes de production et de transformation. Par exemple, pourquoi mettre l’eau dans des bouteilles en plastique, recyclables mais pas indéfiniment, alors que les bonnes vieilles bouteilles en verre consignées marchaient très bien ? On ne les jetait même pas au conteneur, il suffisait de les laver et de les remplir à nouveau. Sauf qu’aujourd’hui, revenir à ce système qui semble être parfait nécessite de procéder à une profonde mutation des emplois de la filière plastique, vers la filière verre. Sacré challenge ! Et il en va ainsi pour n’importe quelle production : peut-on récupérer et recycler, plutôt que de créer chaque nouvelle pièce produite ? La réponse est dans l’énergie. Car il faut opter pour la solution qui utilise le moins possible de ressources naturelles.

Privilégier les circuits courts et les emplois locaux

Et je ne vous parle même pas d’agroalimentaire, ni du maraicher local ou du projet de ferme de permaculture près de chez vous. Pas plus que de l’apiculteur du village d’à côté ! Les circuits courts, ça ne concerne pas que les produits bios et locaux dont on a tous envie. Car derrière ce terme se cachent d’autres évidences : faut-il que ce camion à moitié vide traverse une partie de l’Europe pour m’emmener la nouvelle plaquette de mon entreprise que j’ai fait imprimer par internet, alors qu’il y a une imprimerie à 30 km de chez moi, où travaillent 25 personnes, dont les enfants remplissent ces écoles qui ferment et consomment les bons légumes du maraicher installé au bout de mon jardin ? L’emploi et l’économie locale, comme la morosité ambiante, auraient fort à gagner si nos décisions prenaient un peu plus en compte certaines conséquences. Il y a décidément dans cette Economie Circulaire quelque chose de sacrément positif, et palpable à l’échelon local, pour moi, pour nous.

Finalement, ces changements, c’est l’affaire de tous !

Et c’est là la plus grande nouveauté, potentiellement complexe à accepter et à mettre en œuvre, mais si galvanisante. L’Economie Circulaire ne peut pas se mettre en place selon la bonne vieille méthode des Trente Glorieuses : un type a une idée, monte sa boite tout seul et réussi ; ou encore tel pouvoir public décide d’imposer un nouveau système, qui fonctionne plutôt bien… Plus rien ne marche comme ça, de manière descendante, verticale.

L’Economie Circulaire, et plus généralement ce que l’on pourrait nommer les « nouvelles économies », ne se développent qu’avec des collaborations transversales. Chaque foyer, chaque personne, jeune ou pas, chaque association peut et doit agir. Chaque entreprise doit se rapprocher de sa sœur voisine et de la Collectivité locale qui les héberge. Toutes les Institutions doivent se mettre en écoute active, et lâcher la culture du pré-carré, si souvent pratiquée par chacun d’entre nous.

En conclusion

Problèmes sociaux, environnementaux ou économiques… On peut voir le monde par le prisme de la crise. Mais ces nouvelles économies qui émergent, s’offrent à nous comme des clés pour modifier ce qui semble ne plus marcher aussi bien qu’avant. Il ne tient qu’à nous de s’en saisir, pour modifier petitement, mais positivement, notre quotidien. Les montagnes suivront !

Je suis consultant en conseil stratégique et transition vers les nouvelles économies. Cet article n’est qu’une présentation, succincte de l’Economie Circulaire. S’il vous semble imprécis, ou si vous estimez qu’une erreur s’y est glissée, corrigez-le sans hésiter. Commentez-le avec bienveillance, pour qu’ensemble, nous puissions relayer la bonne information.

Pour aller plus loin

L’Economie Circulaire reste un concept compliqué, c’est vrai, même s’il est passionnant. Il faut du temps pour en saisir toutes les facettes. Par chance, de nombreux acteurs du développement des nouvelles économies présentent avec talent l’Economie Circulaire.

 

L’ADEME de Bourgogne (ma Région, cocorico !) a réalisé une vidéo très efficace, que je me suis permis de mettre en lien sur mon site, dans l’onglet « les nouvelles économies » : www.oliviergadet.fr

 

 

Un bel exemple nous montrant que le « zéro déchet » n’est pas une utopie, grâce à cette Française expatriée aux Etats-Unis, Béa Johnson, à découvrir sur son site, www.zerowastehome.com

 

Egalement en image, cette (ancienne) vidéo éditée par E.P.E.A., l’agence de déploiement de l’Economie Circulaire, est celle qui m’a permis d’achever ma première phase de compréhension du concept, lorsque je débutais : https://www.youtube.com/watch?v=DKeyES7jHTs

 

L’Institut de l’Economie Circulaire, l’organisme de référence regroupant pouvoirs publics, associations ou fédérations professionnelles, et entreprises : www.institut-economie-circulaire.fr

 

La Fondation Ellen Mac Arthur est aussi une source d’informations importante pour l’Economie Circulaire : www.ellenmacarthurfoundation.org/fr/economie-circulaire/concept

 

Enfin, le livre « Cradle To Cradle », de William McDonnough et Michael Braungart (éditions Manifestô) n’est peut-être pas le plus facile à lire si vous êtes peu aguerri aux concepts économiques et environnementaux, mais reste l’ouvrage de référence. On attribue à ses auteurs la paternité du concept de l’Economie Circulaire.