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Evitons les conflits

Temps de lecture : 5 minutes

Est-il possible d’éviter un conflit ?

Un conflit, c’est un truc assez compliqué qui se met en place entre deux personnes, voire plus parce que quand on aime, on ne compte pas ! Ça prend des formes différentes, ça semble éclater d’un seul coup, ou parfois monter tout doucement, mais toujours, un conflit suit un modèle d’évolution qui reste quand même à peu près le même. Alors vu la complexité du sujet, essayons de nous concentrer d’abord sur ce qui semble systématique et standard. On appelle ça l’escalade du conflit.

Un escalier vers la zone rouge

Pour aborder la première fois ce qu’est un conflit, il est bon de le voir comme un escalier : là-haut, c’est le feu total, la mort assurée, et ici en bas, nous sommes en zone stable, et aucun différent ne nous oppose, c’est cool.

Mais regardons la toute première marche, elle est déjà passionnante. A ce niveau, on trouve TOUJOURS un phénomène qui initie le grand bazar à venir. Il s’agit de ce que l’on nomme un biais perceptuel.

Un biais perceptuel, c’est quand vous pigez tout de travers. Parce que c’est ça, le truc dingue avec les conflits : on n’a pas besoin d’être en opposition réelle pour se heurter l’un à l’autre. Il suffit d’avoir l’impression que l’autre en veut à mes intérêts, à mes droits, ou ce à quoi je tiens. Et oui, une impression suffit. Une perception un peu fausse, erronée, et vlan, c’est parti !

On est tous victimes de ces erreurs de perception que notre cerveau fait régulièrement. Elles nous amènent d’ailleurs à rencontrer d’autres personnes qui en font, et que l’on reconnaît du premier coup d’œil. On les appelle des cons, et vous trouverez deux ou trois articles à lire là-dessus, ici. Croiser un con, c’est déjà entrer en conflit. On est à la première marche de l’escalier…

Montons d’un cran, pour voir…

Si l’on passe à la marche suivante, on garde ce biais perceptuel et cette sensation désagréable et diffuse qui nous anime. Elle se développe en nous et s’amplifie toute seule. Au passage, elle augmente aussi notre erreur de perception. Mais soyons précis, car il ne s’agit pas d’une sensation, mais d’une émotion. Seules les émotions ont cette capacité à générer de manière exponentielle une vision erronée de la réalité. Lorsque vous rencontrez une personne qui ne vous revient pas (mais alors, vraiment pas), quoi qu’elle fasse ou dise, vous continuerez à la juger négativement. Pire : dans tout ce qu’elle fera ou dira, vous trouverez matière à étayer, alimenter et justifier votre première impression à son sujet. Ici, c’est officiel : les émotions opèrent ! Colère, peur, dégoût, surprise, tristesse…

Allez-y, servez-vous, et en plus vous pouvez faire vos mélanges, c’est no limit. Et je vous rajoute un peu de mou pour le chat, c’est cadeau !

Sur cette 2ème marche de l’escalade du conflit, votre mauvaise perception initiale, alimentée par vos émotions, vont avoir tendance à simplifier votre vision globale de la situation. Votre seul avis comptera, et il sera impossible d’envisager que vous puissiez avoir tort. Vous vous crisperez sur vos positions, les premières tensions arriveront entre vous et l’autre. C’est parti. Peu à peu, vous allez limiter, puis rompre la communication avec celui ou celle qui s’annonce comme étant votre ennemi.

Et si on faisait une pause dans l’escalade du conflit ?

L’escalier monte encore, il reste même un paquet de marche pour aller vers la zone rouge. Et chacune d’entre elle apporte sont lot de complications, que nous aborderons dans un article suivant. Mais pour l’heure, à ce stade de l’escalade, est-il possible de redescendre ?

A l’évidence, oui. Mais ce n’est pas chose aisée. La gestion des conflits est un domaine aussi complexe que les conflits eux-mêmes, mais pour rester simple, dans 95 % des cas, la meilleure gestion revient à apaiser et stopper les différents. Il faut donc commencer par… le vouloir vraiment !

Sur cette première volonté, vous devez ensuite y ajouter votre imagination. Imaginez 2 minutes que vous vous soyez planté. Et si cette personne, ce con qui ne vous revient pas, était finalement pas si dans l’erreur que cela ? Et si c’était vous, qui ne réussissiez pas à voir la situation du bon côté de la lorgnette ?

Vous l’avez déjà fait et vous le savez. Vous avez déjà rencontré quelqu’un que vous avez catalogué comme idiot, danger, ennemi ou je ne sais quoi, avant de vous raviser. Peut-être même que depuis, il ou elle est devenu(e) un super collègue de boulot ? Pour transformer et stopper tout début de conflit , il faut :

  1. Le vouloir,
  2. Supposer puis accepter qu’on se soit trompé,
  3. Imaginer une relation positive avec cet autre.

Et les choses, parfois, se mettent en place alors…

Avant de continuer dans l’escalade des conflits, et de visiter d’autres marches de cet escalier dans les articles suivants, je ne résiste pas à citer l’un de mes auteurs humoristes favoris, Pierre Desproges, qui disait à propos de la guerre :« A la guerre, il est important de savoir reconnaître l’ennemi. Car sans l’ennemi, la guerre est ridicule ». Enfin, pour aller plus loin, il est à noter que l’Autrichien Friedrich Glasl a théorisé cette escalade du conflit. N’importe quelle recherche sur le web vous conduira à en savoir plus, mais j’ai trouvé pour vous une synthèse plutôt fine du théorème de Glasl, rédigée sur son blog par un expert médiateur des conflits en entreprises, Thierry Noëllec (à lire ici)

Et vous ? Quel est votre rapport au conflit ? Vous êtes-vous déjà posé la question, au moins ? Moi, je sais, même si c’est assez dur à écrire, comme ça : je suis dans la fuite. Et dans un prochain article, je vous expliquerai ce que cette fuite m’a apportée, et m’apporte encore, comme bénéfice face aux conflits. Commentez cet article et partagez votre attitude lorsqu’un différent vous heurte. Nous verrons quelle posture tenir alors…

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