harcèlement au travail

Votre plan pour sortir du harcèlement au travail

Temps de lecture : 5 minutes

Fini les vacances, on reprend le boulot, et avec la rentrée, voilà que reviennent les soucis qui nous vrillent le ventre, à cause du manque de respect. Attention, on ne parle de cette poignée de main moite et sans attention, sans regard, même. Non, non, dans cet article, nous évoquons ce qui s’apparente à du harcèlement ou même à ce qui en est, carrément.

Le mot est donc lâché, mais pour autant, nous n’allons pas faire la liste stupide des 10 pires situations de manque de respect au travail. De peur que votre témoignage vienne en ajouter une onzième, puis une douzième… et qu’on n’en sorte plus. Dans les relations au travail, le sordide est sans limite.

On va plutôt chercher s’il existe une solution pour sortir du piège. En avant !

Pas de respect pour les braves !

Votre bête noire, c’est un nouveau membre du personnel qui semble franchement… très à l’aise. C’est votre collègue de bureau ou d’atelier. C’est une ancienne copine même, mais avec qui les relations se sont tendues progressivement pour une histoire à la con. Pire : c’est votre supérieur direct ou même le boss de l’entreprise. L’affaire dure depuis plusieurs années ou seulement depuis quelques semaines, allez, deux mois ! Vous n’aviez rien senti au début, mais maintenant, tout le monde est d’accord sur un fait : vous êtes dans son collimateur et toutes les occasions sont bonnes. On est limite sur le harcèlement ou on est même déjà dedans, et jusqu’au cou !

Selon l’humeur et le moment, la situation est imperceptible et vous arrivez presque à l’oublier. Ou bien vous la gérez plutôt bien, ça passe, pas grave. Mais en fait, il est déjà trop tard : ça vous ronge de l’intérieur. Et puis un autre jour, ce manque de respect vous met dans une colère noire. Vous rentrez à la maison fatigué(e), prêt(e) à chialer. Toute la famille trinque, même le petit dernier. La semaine prochaine, ce sera la peur qui vous accompagnera. Vous irez bosser avec la boule au ventre. Super, le covoiturage terrorisé !

Vous êtes seul au monde

J’aurais bien aimé vous écrire ici qu’il existe une méthode géniale à appliquer comme ça et comme ça et puis pouf ! tout disparaît. Mais il aurait fallut écrire un titre encore plus racoleur à cet article, comme on en trouve plein sur le web, harcèlement au travailet comme on n’en écrit pas sur Améliorer ses Relations. Mes rencontres et mes travaux me permettent de me confronter à de multiples réalités, toutes plus ubuesques les unes que les autres (je suis coach, consultant, formateur, tout ça…). Chaque cas de harcèlement est différent, et si des solutions simples existaient, ça se saurait. Pour autant, ne peut-on pas essayer de lister une méthode qui pourrait s’appliquer à une majorité de cas ? Chiche !

Votre plan de sortie en …

4 points clés 🗝

1.Tout d’abord, ne restez jamais seul

C’est pourtant le réflexe que l’on a tous, se dire « je vais y arriver », ou encore « ça doit venir de moi ». Même si c’est vrai (car oui, vous y arriverez sûrement, et oui, ça pourrait bien venir de vous un peu également), on est plus forts et plus intelligents à plusieurs. Parlez de votre ressenti autour de vous : votre famille, votre direction, votre voisine de bureau, un délégué du personnel ou un chargé de prévention, un représentant syndical ou un psychologue… Peu importe ! Parlez-en. Recueillez des avis, des points de vue différents.

2. Selon l’un des principes de l’intelligence émotionnelle, demandez-vous ce que vous ressentez

Peur, colère, frustration, humiliation… Et surtout, demandez-vous pourquoi vous réagissez comme ça ? Cette seconde question est une clé de décryptage de votre propre fonctionnement interne, qui aura bien plus d’effet sur la situation que de vouloir transformer votre agresseur en un gentil petit agneau. Mais là aussi, il est difficile d’y répondre sans l’aide de quelqu’un, un spécialiste, de surcroît (coach, thérapeute).

3. Le 3ème point est plus complexe à mener (mais encore, un expert peut vous aider)

Il s’agit de s’entraîner à visualiser la situation de l’extérieur. Une sorte de prise de hauteur où vous pourriez voir la personne qui vous pourrit la vie, et où vous pourriez vous voir aussi. Une vue d’ensemble : qui dit quoi ? Qui répond quoi ? Même à posteriori, il est bon de comprendre qu’on a forcément sa petite part de responsabilité dans cette situation, sans culpabiliser pour autant. Ça permet de comprendre un peu mieux le point de vue de l’autre, sans lui trouver d’excuses. Et de chercher à changer quelque chose dans cette relation néfaste, par la suite…

4. Enfin, le dernier point clé de cette « méthode universelle » consisterait à changer, tout simplement

Modifier l’équation. Changer d’organisation dans le quotidien des tâches, dans l’aménagement du bureau, changer de façon d’être, de parler ou de s’habiller, changer sa vision des choses, bref, changer la relation. Un chef mécanicien m’avait dit un jour, avec un sourire en coin : « quand ça pue, on aère ! ». J’avais beaucoup aimé la phrase. On peut même changer d’employeur, parfois. Bien sûr, c’est une forme de fuite, et ce n’est pas si simple, mais si elle est réparatrice et apaisante, pourquoi s’en priver ? Changez ! La situation actuelle vous ronge, vous avez donc tout à gagner à briser la spirale.

On résume

Au boulot, une relation sans respect peut devenir très vite destructrice, et dépasser largement le cadre professionnel, anéantissant votre estime et votre confiance en vous, et du même coup détériorant vos autres relations. Il n’y a pas de clé magique pour sortir de ce piège, mais dans presque tous les cas sur lesquels j’ai pu constater une telle situation, on revient tout de même à une base identique et récurrente :

Ne restez pas seul, et ne vous surestimez pas. Des spécialistes peuvent vous écouter et vous conseiller, à vous de trouvez celui ou celle qui vous conviendra. Essayez-en autant qu’il le faut ! Puis, avec ses conseils, cherchez à comprendre votre point de vue et celui de votre agresseur, en allant au-delà des premières idées que vous vous en étiez faites. Et pour finir, changez ! Aérez !

Facile à dire !

Et oui, vous écrire tout ça sur ce site, c’est super facile ! Mais la réalité, la vôtre, est sûrement plus complexe et violente qu’un article sur le net. Nous sommes bien d’accord. Alors pardon à ceux que j’ai blessé (transmettez leur, parce qu’ils n’ont pas du aller jusqu’ici dans la lecture), mais il faut bien commencer par une méthode pour tenter de sortir de cette relation.

Enfin, pour continuer à réfléchir à la meilleure manière de quitter un harceleur, on peut aussi lire les autres articles de cet humble site, et se brancher sur les formations disponibles et futures. Mais j’ai peur qu’on me taxe d’une tendance démago…

Et vous ? Vous avez connu une situation terrible avec quelqu’un au boulot ? Accepteriez-vous de nous la raconter succinctement, dans les commentaires ? Vous vous en êtes sorti comment ?

2 réflexions sur “Votre plan pour sortir du harcèlement au travail”

  1. Ici, je peux le dire : j’ai une collègue qui n’a aucun respect envers moi. Elle ne m’a jamais aimée et fait tout pour que je craque et quitte mon poste. Ceci dure depuis le 28 octobre 2019.
    Je reste de marbre face à toute insinuation, insulte, reproche direct et indirect.
    J’ai plein de qualificatifs pour elle : venimeuse, calomnieuse, désobligeante, acerbe, fielleuse, dénigreuse…
    Mais voilà, ma stratégie (pas la bonne d’ailleurs) : ne rien dire, ne pas me défendre (je n’ai pas la répartie nécessaire devant ce type de comportement).
    La vengeance est un plat qui se mange froid, j’y crois dur …! Elle aura le retour de bâton un jour prochain, très prochain !!!
    Les indispensables, il y en a pleins les cimetières !
    Je vais dire pour ma défense que je ne souhaite pas la rendre plus intelligente, ni même les autres qui la côtoient.
    Je suis dans un secteur individualiste et compétiteur, où le leitmotiv est d’écraser les autres. Je ne m’y sens pas à ma place, c’est sûr !
    Pour rester positive : c’est un lieu à étudier avec l’approche de la sociologie des organisations !!!

    1. Ankhinoé, je ne dirais pas que « ne rien dire » est une mauvaise stratégie. C’est une posture de fuite, c’est vrai, mais dans bien des cas, la fuite répare et protège. Et se protéger d’une attaque, c’est plutôt du bon sens. Là où il faut être vigilant, c’est de ne pas systématiser cette fuite, et de ne pas dépasser une certaine limite. Lorsque cette fuite devient trop pesante, il faut y mettre fin, et faire face sans tomber dans l’inverse, négative également si on la gère mal : l’attaque. La limite est sensible, et complexe à aborder, il faut bien le dire… Courage 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.