Reflet dans le miroir

L’image de soi en 3 points

Temps de lecture : 6 minutes

L’image de soi a un poids considérable dans notre capacité à améliorer nos relations et communiquer vraiment. Mais je lis des tas de bouquins sur ce sujet, et franchement, c’est souvent obscur et complexe. Bon, c’est vrai qu’à bien y réfléchir, les maths, les discours climato-sceptiques et certains mangas me font aussi ça. Ou le cinéma coréen des années 80. Mais tout de même !

Alors pour comprendre ce qu’est l’image de soi et comment ça marche, il m’a fallu du temps, et me frotter à des sources assez différentes : bouquins de psy, tests dans Psychologie Magazine (ou Femme Actuelle, aussi), discussions tardives post-tartiflette arrosée avec de vrais amis, et j’ai les noms… Voici donc une approche de l’image de soi en 3 points.

Point N°1 pour comprendre de quoi on parle : l’image de soi

Pour commencer, le premier morceau n’est pas simple, c’est l’image que j’ai de moi. Je me trouve trop comme ça ou pas assez comme ci, et puis sur certains points, je me trouve pile poil comme il faut, genre « oui bon, ça, ça va ! ».

En ce qui me concerne par exemple, je ne me trouve pas franchement gros, mais je trouve qu’en plus de mon ventre qui se développe d’année en année (si, si je le vois bien). Rassurez-moi, dites-moi que je ne suis pas seul dans ce cas… Et puis, je trouve que lorsque j’essaie de me cultiver un peu, de m’ouvrir, il y a même des idées qui me dépassent largement, et souvent. Je ne crois pas être un type super intelligent ! Et on pourrait parler comme ça de mille manières de se voir soi-même : l’humour, le physique, les émotions, les avis politiques, que sais-je encore ?

Toujours est-il que je me vois d’une certaine façon. Bonne ou mauvaise. C’est le point numéro 1 de notre approche. C’est l’image que j’ai de moi. Il est bon d’essayer de la connaître.

Point N°2 : l’image que les autres ont de moi

Et oui : pour qu’il y ait image, il faut bien un miroir pour nous la renvoyer ! Un précédent article sur ce site évoque d’ailleurs la toute première image que j’ai de moi, celle dans ma salle de bain. Et en matière de relation, c’est souvent l’autre, mon miroir. L’image que les autres ont de moi va donc avoir un poids conséquent dans cette histoire. Parce qu’il arrive très souvent que ces deux images, celle que j’ai de moi et celle que les autres ont de moi, ne soient pas tout à fait ajustées. Et ça complique le système.

Reprenons ça avec mon exemple perso : je me trouve grassouillet, on l’a dit plus haut, mais certaines de mes conquêtes ont adoré mon ventre (encore raisonnable, je tiens à le dire). Je me trouve drôle, mais quelques unes de mes blagues ont déjà vexées certaines personnes. J’ai pris des bides pas possibles, et ceux-là n’avaient rien à voir avec mon ventre ! Bref, quand les deux images ne sont pas vraiment raccord, on crée un décalage.

Point N°3 : l’image que les autres me renvoient de moi

Attention les amis, ça se complique encore ! Car si les autres ont une image de moi (bonne ou mauvaise, ce n’est pas la question) ce n’est pas toujours celle qu’ils nous livrent. J’en veux pour preuve : votre collègue de boulot. On ne va pas le nommer, mais vous voyez de qui on parle ? Celui qui ne vous aime pas trop, parce que vous lui avez piqué ce job dont il rêvait, lorsque vous êtes arrivés dans l’entreprise. Et bien, lui, il sait depuis longtemps qu’il vaut mieux être gentil avec tout le monde. Même avec vous. Et puis, les chefs n’aimeraient pas ça…

Alors ce collègue, contre toute attente, il vous aime bien. Et il vous le prouve un peu, des fois. Avec un certain talent, même, car vous ne l’avez pas vu venir, ce jour où il vous a planté devant tout le monde, enfoncé jusqu’au cou pour une broutille, en pleine réunion sur « the big dossier ». Et paf ! Vous étiez sûr d’avoir un super collègue, limite un allié… Raté. Méfiez vous du contexte.

Et au milieu coule une rivière. Mais pas grosse, hein !

A la jonction de ces 3 points, l’image que j’ai de moi, l’image que les autres ont de moi et l’image que les autres me renvoient, il existe un petit morceau de paradis, un espace commun où tout est en suspend. C’est la jonction des 3 points, là où tout est réglé à l’identique. Et là encore, la question n’est pas de savoir si mon image est bonne ou mauvaise, ça pour l’instant, on s’en fiche.

Pour illustrer ce lieu magique où tout marche bien, je prends une fois de plus mon exemple de tout à l’heure : moi. Je me trouve un peu grassouillet, je devrais faire du sport mais j’ai toujours mieux à faire, et malgré tout, ça va quand même, y a pire (c’est l’image que j’ai de moi). Ma compagne est là, à mes côtés, elle semble m’aimer et avoir quelques projets et envies avec moi, mais elle ne me rate pas côté petites moqueries, et m’arrête fermement lorsque je reprends pour la 4èmefois de la mayonnaise pour finir mes frites (vous lui demanderez quelle image elle a de moi quand vous la verrez). Et moi, je comprends bien avec tout ça qu’elle m’aime mais qu’elle voudrait bien me voir un peu maigrir (c’est l’image qu’elle me renvoie). On est « raccord », la relation fonctionne.

Et donc, on le trouve comment ce petit coin de paradis ?

En théorie, assez facilement. En pratique… Bon, bref. Restons sur la théorie, voulez-vous ? Il me suffit pour commencer de prendre le temps de penser à l’image que j’ai de moi. Bonne ou mauvaise n’est toujours pas la question. Et puis cette image est-elle vraiment celle que je veux ? Dans quelle mesure n’émanerait-elle pas de vieilles et fausses perceptions ? Comme par exemple, ce que mes parents m’ont toujours dit ou insufflé et qui après m’avoir servi de phrase-guide, de consignes de vie, deviendrait de plus en plus un poids pour moi. Ou plus généralement, ce que mon milieu familial, social, pro ou culturel m’a dicté, mais qui ne me correspond plus aujourd’hui… Plus on obtient des réponses à ce genre d’interrogations, plus ou arrive à définir précisément l’image qu’on a de soi.

Ensuite, je regarde l’autre. Et je le fais en oubliant le plus possible mes opinions, mes valeurs, ma vision des choses. Je me fonds dans le décor, j’enfile ses baskets. Que pourrait-il bien penser de moi, si j’agis comme ça, si j’arrive en disant ça ? On appelle ça l’extériorisation. Je sors de moi-même pour adopter la vision de l’autre. C’est joli, c’est un mot super technique, mais à faire consciemment, il faut se lever tôt, croyez moi ! Mais on peut tout de même essayer, ça vaut le coup.

Et pour finir, il faut observer les paramètres environnementaux, le contexte. Comprendre qu’ici (au boulot, dans mon association, dans ce restau, devant cette personne…), l’autre ne peut pas, ou au contraire ne peut que agir ainsi et me renvoyer une image qui conviendra.

La PNL (Programmation Neuro-Linguistique) à la rescousse

Bien sûr, toutes ces questions sont longues et complexes à gérer. Et bien pire encore, les réponses sont hasardeuses, floues, et fluctuantes. Mais je reste convaincu que dans la mesure du possible, si l’on tente de se questionner sur ces 3 points de l’image de soi, il est possible d’affiner l’ensemble, et de se rapprocher du petit paradis, ce point de convergence entre l’image que j’ai de moi, l’image que les autres ont de moi et celle qu’ils me renvoient, en mode miroir.

En PNL (Programmation Neuro-Linguistique), on parle du cadre « comme si », en mode dissocié. Pour la faire simple, faîtes comme si vous reviviez une situation passée ou faîtes comme si vous alliez en vivre une à venir et placez vous en observateur, dissociez vous des personnages en présence (de l’autre, mais aussi de vous). Faîtes comme si vous vous voyiez, comme l’un des éléments de l’environnement. Observez ça de loin, et vous trouverez sûrement quelques infos que vous n’auriez pas imaginé en restant simplement dans vos baskets.

Et vous ? Avez-vous déjà pensé à cette image de soi ? Diriez-vous que vous avez plutôt une bonne image de vous ?

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